4 - Dans le panneau de la SS ("Sornets School") .

Baden Baden fonde sa SS (Sornet School) et prêche la fin de l'Occiland.
Baden Baden fonde sa SS (Sornet School) et prêche la fin de l'Occiland.

Baden Loden observe le champ de bataille du sommet de sa dune et trouve que cela ne va pas assez vite. Ces Démagrogs ont beau servir sa cause, ils se noient en palabres inutiles, règlent en permanence des conflits personnels sur un plan intellectuel superfétatoire, prétendent ne pas supporter la violence tout en défendant des causes nihilistes, bref, beaucoup de temps perdu…ça le rend fou…enfin, encore plus fou.

Il décide de fonder sa Sornetschool en Franciland, comme il l'a déjà fait dans des pays que la démocratie n'étouffe pas. Ce sera plus délicat, plus difficile, mais il compte bien profiter de la situation de crise. "Du pain et des jeux de cirques", avait dit l'un de ces latins décadents dont est issue la molle civilisation des Francilandais.

Alors, il manifeste sa présence dans tous les endroits de proximité où se rassemblent les habitants pour jouer à leurs jeux dérisoires : marchés, plages, concerts, villages, festivals, garages. Mais pas les cafés, il les craint autant que les femmes à visages découverts. Pour éviter à son regard cette insupportable confrontation, il est obligé de se contraindre à contempler le ciel dès qu'elles apparaissent, c'est une gymnastique pénible mais indispensable à son hygiène de vie, le toubib le lui a recommandé, il en fait vingt minutes par jour et à son âge, il sent déjà la différence.

Sa silhouette étrange se perd dans la masse, les gens sont indulgents dans ce pays laxiste, les excentricités ne sont pas un crime. Et il ne craint pas la loi car il se sait protégé par celle du marché où le pétrole de sa famille joue un rôle essentiel.

Le genre qu'il manipule le plus facilement – à l'aide des Démagrogs – est le MAC composé de gens plus jeunes et plus malléables, principalement à cause de leur phobie citée ci-dessus, car il leur promet une cuisine Ripapal sans le moindre petit lait.

Polo du Café de la Plage. Mel et l'Ouximer.
Polo du Café de la Plage. Mel et l'Ouximer.

C'est ainsi qu'il rencontre Polo, le garçon du Café de la Plage.

Polo en a plus que marre de faire les intérimaires pour des patrons tyranniques, de travailler de l'aube à minuit sans toucher les heures sup. Et même pas sûr de retrouver un autre poste quand son temps sera terminé ici. L'autre jour, le chef l'a surpris goûtant les moules marinières. Quelle gueulante il a poussé ! Mais il avait faim, Polo, et il n'avait droit qu'à de vagues restes indéfinissables. Pas assez de fric pour se payer un gueuleton ailleurs, réduit à picoler de petits coups de pinard au goulot en loucedé, à bouffer les frites laissées par les clients.

Par un matin mélancolique, il tombe sur ce drôle de type devant la terrasse de la plage.

- Un caoua, s'il vous plaît, qu'il demande poliment.

- Vous ne voulez pas vous asseoir, monsieur ? s'inquiète Polo.

- Non merci, je ne rentre pas dans ces lieux de perdition.

- Mais si vous vous asseyez dehors, vous ne rentrez pas…

- Haha ! s'exclame Bady – car c'était lui -, je vois que j'ai affaire à un garçon intelligent. Si tu me l'apportes, ce café, je t'invite à ma conférence, c'est gratuit et plus si affinité.

Il sirote son petit jus et part en lui laissant un pourboire royal.

"Un prince", pense le garçon.

C'est ainsi que Polo, curieux, avide de distractions, se retrouve sur la plage à côté de Benji, l'un des manifestants MAC. Heureusement qu'il est là car Polo ne comprend que quick à ce que raconte l'étrange personnage en loden. Ce doit être très savant, il a l'air d'un éminent professeur étranger, super-distingué, ça le change du populo.

- Il dit que le Grand Ripapaoulère est le Grand Ripapaoulère, traduit l'autre.

- Cela tombe sous le sens, répond Polo par politesse.

 

Polo écoute Baden Loden.
Polo écoute Baden Loden.